French Tech 120 : 59% des nominés ne respectent pas l'obligation légale de publication des comptes

59%

Part des entreprises du label FT 120 n'ont pas publié leurs comptes depuis 2019

20%

Part des entreprises du label FT 120 qui n'ont jamais publié leurs comptes

8

Licornes françaises (parmi les 26) ont publié leurs comptes depuis 2019

Une obligation légale de publication qui est peu respectée en France

L'article L.232-25 du Code du Commerce prévoit l'obligation de publication des comptes pour les sociétés françaises. Le sens de cette loi est de permettre une meilleure transparence économique et de favoriser la vie des affaires.

Par exception, les entreprises répondant à certains critères de bilan, de salariés et de chiffre d'affaires ont le droit d'exercer l'option de confidentialité qui leur permet de rendre non accessible au grand public soit la totalité des comptes, soit le compte de résultat.

Toute infraction à l’obligation de dépôt des comptes annuels est en théorie sanctionnée par une amende de 1500 euros et 3000 euros en cas de récidive. Ces amendes, d'une part peu dissuasives, sont d'autre part très peu appliquées dans les faits.

Aujourd'hui seulement 38% des entreprises françaises respectent la loi et publient leurs comptes (dont les 2 tiers en confidentiel).

Les startups du FT 120 ne font pas exception à la règle

Parmi les nominés du label FT 120 2022, seulement 49 entreprises ont publié leurs comptes dans les 2 dernières années. Parmi ces entreprises, 13 ont opté pour la confidentialité totale. Par conséquent, des données financières à jour ne sont disponibles que pour 36 startups sur les 120.

Parmi les bons élèves on peut par exemple citer Alan et Veepee.

Les startups du FT 40 ne sont pas plus exemplaires puisque sur les 8 nouveaux entrants du palmarès (Malt, IAD, Sorare, Dental Monitoring, 360 learning, Lifen, Descartes Underwriting et Loft Orbital Technologies), seulement 3 respectent l'obligation de transparence (Malt, IAD et Loft Orbital Technologies).

Les licornes françaises sont parmi les moins transparentes du label French Tech

LicorneComptes publiés en 2019 ou 2020Dernier chiffre d'affaires connuCommentaire
AlanOui32,6 millions € en 2020Obligation réglementaire en tant qu'assureur
AnkorstoreNon-Aucune donnée publiée
BlablacarNon-Aucune donnée publiée
ContentsquareNon9,69 millions € en 2017Pas de comptes publiés depuis 2017
DeezerNon281 millions € en 2017Pas de comptes publiés depuis 2017
Dental MonitoringNon-Aucune donnée publiée
DoctolibNon-Aucune donnée publiée
ExotecOui42,9 millions € en 2020Tous les comptes sont publiés depuis 2016
IAD InfinityOui11,2 millions € en 2019Comptes 2020 non disponibles
IvaluaOui52,6 millions € en 2020Tous les comptes sont publiés depuis 2016
BackmarketNon10 millions € en 2017Comptes publiés uniquement en 2017
LedgerNon969 milliers € en 2016Comptes publiés uniquement en 2016
LydiaNon-Aucune donnée publiée
OVHOui663 millions € en 2021Obligation réglementaire car entreprise cotée
Mano ManoNon-Aucune donnée publiée
MeeroNon-Aucune donnée publiée
MiraklNon-Aucune donnée publiée
QontoNon124 milliers € en 2017Comptes publiés uniquement en 2017
PayfitNon-Aucune donnée publiée
Shift TechnologyNon-Aucune donnée publiée
SorareNon-Comptes publiés en 2019 mais en confidentiel.  L'entreprise revendique un CA de 325 millions en 2021
SpendeskOui8,21 millions € en 2020Comptes publiés uniquement en 2020
SwileOui-Comptes publiés en 2019 mais en confidentiel
VeepeeOui1,78 milliards € en 2020Tous les comptes sont publiés depuis 2015
Vestiaire CollectiveNon-Comptes publiés en 2014 mais en confidentiel
VoodooNon1,13 millions € en 2016Comptes publiés uniquement en 2016

Parmi les 26 licornes françaises, seulement 8 ont publié leurs comptes depuis 2019 sachant que pour 2 d'entre elles il s'agit d'une obligation réglementaire.

On constate donc que plus les startups lèvent de fonds et atteignent des valorisations importantes, moins elles jouent le jeu de la transparence.

Méthodologie

Cette étude a été réalisée en février 2021 avec l'aide des données de Pappers qui est connecté via l'INPI avec les greffes des Tribunaux de Commerce qui tiennent le Registre du Commerce et des sociétés.

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