NF DTU 51.11 : pose de parquet flottant

Les DTU sont indispensables à la bonne réalisation technique des ouvrages de maçonnerie. Ils sont cependant difficiles à lire et à comprendre et les informations importantes se perdent dans la masse du texte.

Nous vous aidons dans cet article à comprendre les points importants contenus dans le DTU 51.11 consacré à la pose flottante de parquet contrecollé.

Domaine d'application du DTU 51.11

Le DTU 51.11 fixe les normes et bonnes pratiques en vigueur à respecter lors de la pose en flottant des parquets et des revêtements de sol contrecollés à parement bois.

La pose en flottant est une pose où les éléments, lames ou panneaux ne sont pas fixés au support sous-jacent. Les éléments de parquet y sont uniquement assemblés et liés entre eux.

DTU 51.11

Les parquets contrecollés qui sont fixés ou collés à un support (lambourdes, sous-couche) ne sont pas considérés comme des poses flottantes, même si ce support n'est lui-même pas fixé au support sous-jacent.

La pose flottante de parquet massif n'est pas abordée dans ce DTU.

Conditions de durabilité : finition du parquet et entretien

Pour que la pose soit durable, une finition appropriée suivie d'un entretien adapté est important.

Les parquets contrecollés sont généralement vernis en usine. Ils peuvent cependant être livrés bruts ou avec un certain état de finition et nécessiter une autre finition complémentaire.

Les vernis doivent être des produits spécifiquement développés pour l'application sur parquets. On les appelle alors vitrificateurs. Si le parquet posé a déjà été vernis une première fois, il faut s'assurer de la comptabilité du nouveau vernis avec l'ancien.

L'entretien à l'eau des parquets est à proscrire.

Ajout d'une sous-couche au parquet contrecollé

Les sous-couches séparent le parquet ou le revêtement de sol de son support porteur.

L'ajout d'une sous-couche assure d'abord une fonction de désolidarisation du parquet par rapport au support. Cela permet de maîtriser les écarts et mouvements qui pourraient advenir entre le parquet et son support.

Cette fonction de désolidarisation peut être la fonction principale de la sous-couche, ou bien une fonction secondaire. Dans ce cas là, la fonction principale peut assurer plusieurs autres rôles dont voici les descriptions.

Sous-couche de limitation contre les échanges d'humidité

L'objectif principal de la sous-couche est dans ce cas de limiter les éventuelles remontées d'humidité en provenance du support. Elles sont utiles dans le cas d'un support à base de liant hydraulique ou sur tout support qui peut être sujet à des remontées d'humidité. En aucun cas cette sous-couche ne peut être considérée comme une barrière étanche.

Voici les types de sous-couches préconisées par le DTU lorsque l'objectif est une limitation des remontées d'humidité :

  • les films de polyéthylène de 100 microns à 200 microns d'épaisseur, selon rugosité du support ;
  • les feutres bitumés, imprégnés ou surfacés, conformes à la norme NF P 84-302 ;
  • toute feuille ou film de perméance à la vapeur d'eau au moins équivalente.

Sous-couche de répartition

L'objectif est alors de séparer le parquet de son support dans le cas où ce dernier est meuble : formes en sable ou en granulats.

Le DTU recommande dans ce cas l'utilisation de sous-couche de ce type :

  • panneaux de fibres de bois asphaltés de 5 mm d'épaisseur et plus, ainsi que tout autre panneau de rigidité au moins équivalente.

Sous-couche d'isolation acoustique

C'est l'objectif le plus couramment recherché lorsqu'on utilise une sous-couche. L'objectif est d'améliorer l'isolation acoustique pour la pièce où le parquet est posé, et pour l'étage inférieur le cas échéant.

Autres sous-couches

Le DTU aborde également les sous-couches pour sols sportifs et pour sols chauffants.

Supports compatibles avec la pose d'un parquet

Les supports suivants sont considérés par le DTU 51.11 comme compatibles avec la poste d'un parquet contrecollé en pose flottante :

  • Planchers en bois ou en panneaux dérivés du bois (il en est question dans le DTU 51.3) ;
  • Supports à base de liants hydrauliques (chapes en mortier, dalles, ...) ;
  • Ouvrages d'interposition ;
  • Ou tout autre support qui respecte les deux critères suivants :
    • pouvoir supporter les efforts qui leur seront appliqués ;
    • présenter une planéité permettant au parquet de satisfaire aux exigences de l'ouvrage terminé ou être aptes à recevoir une forme ou un ouvrage d'interposition permettant de pallier ces déficiences de planéité.

Dans tous les cas, le support doit être propre et les réservations éventuelles doivent être conformes à ce que nécessite la pose du parquet prévu et de sa sous-couche.

État du chantier lors de la pose

  • L'humidité de la pièce lors de la pose doit être comprise entre 40% et 65% ;
  • La pièce doit être mise à l'abri des intempéries ;
  • La température de la pièce et du support doit être de 15°C au minimum ;
  • Le chauffage de la pièce doit avoir été arrêté ;
  • Les ouvrages en maçonnerie proches doivent avoir suffisamment séché, et la pièce doit être suffisamment ventilée.

Travaux préparatoires à la pose du parquet

Trois travaux préparatoires sont à envisager en fonction des situations avant la pose du parquet :

  • Un ravoirage dans le cas où le support n'est pas plan ou comporte des trous à combler. Il s'agit en fait de ce que l'on appelle communément un ragréage, mais le DTU précise que le terme de ragréage n'est à utiliser que pour les ouvrages muraux ;
  • Une mise en place de "formes" dans le cas où le support est une dalle ou un plancher ;
  • Une mise en place de sous-couches en fonction des besoins.

Dans le cas d'une sous-couche d'isolation acoustique, afin d'éviter les transmissions acoustiques, la sous-couche est remontée le long des murs et cloisons en périphérie, d'au moins l'épaisseur du parquet. Une solution équivalente est de compléter la sous-couche par des bandes périphériques de plinthe. Les jeux de dilatation du parquet doivent dans tous les cas être respectés.

Respect du jeu de dilatation

Le parquet ne doit pas venir en contact avec les maçonneries, les enduits, les plinthes, les huisseries, les tuyaux d'alimentation de chauffage, les autres revêtements de sol (aux seuils), escaliers, foyers de cheminée,… ni d'une manière générale avec aucun obstacle.

Il doit être arrêté de tout obstacle susceptible d'empêcher sa dilatation à une distance correspondant à 0,15 % minimum de chacune des plus grandes dimensions à couvrir par le parquet (longueur, largeur) quels que soient les obstacles rencontrés, avec un minimum de 8 mm.

DTU 51.11
jeux de dilatation parquet dtu
Exemple de calcul des jeux. Ici, tous les jeux dans le sens de la longueur des lames sont de 15 mm et tous les jeux dans
le sens de leur largeur sont de 12 mm.

Recouvrement des jeux de dilatation

Les recouvrements des jeux de dilatation ne doivent jamais empêcher les mouvements du parquet. En périphérie, les jeux sont recouverts par des plinthes. Aux seuils, ils sont recouverts par des barres de seuil.

Cas des sols chauffants

La pose de parquet flottant sur sol chauffant est interdite, sauf autorisation explicite du fabriquant. La résistance thermique (R) de l'ensemble sous-couche + parquet ne doit alors pas dépasser 0,15 m2 °K/W.

Tolérances sur l'ouvrage terminé

Une fois la pose du parquet terminée, plusieurs indicateurs sont à vérifier :

Planéité

Tout parquet doit être plan, c'est-à-dire qu'une règle de 2 m posée en un endroit quelconque de l'ouvrage, non chargé, ne doit pas révéler de flèche supérieure à 5 mm et qu'une réglette de 20 cm ne doit pas révéler de flèche supérieure à 1 mm. Les désaffleurements entre lames ou panneaux continus ne doivent pas dépasser 0,2 mm.

DTU 51.11

Arase

Les raccords aux seuils entre deux pièces doivent se faire sans désaffleurement. Si cela ne peut être éviter, il faut alors traiter le problème, généralement avec la mise en place d'une barre de seuil.

Alignements

Dans le cas d'une pose à coupe de pierre, le DTU indique :

Les joints en bout des lames doivent être alignés de deux en deux rangées, à ± 2 mm près. Le décalage de ces joints d'une rangée à la suivante doit être d'une demi-longueur de lame, à 3 mm près.

pose a coupe de pierre
Pose à coupe de pierre

Des contraintes sont également indiquées dans le cas d'une pose en point de Hongrie ou pour une pose à bâtons rompus.

Stabilité

Une souplesse lors de la marche n'est pas la conséquence d'une mauvaise pose. C'est un effet naturel d'une pose de parquet en flottant.

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1 commentaire à "NF DTU 51.11 : pose de parquet flottant"

Michel Euvrard, le 12 mai 2020

est il possible de poser un parquet flottant sur du polystyrène extrudé de 40 mm (sur une dalle béton) . ce pour éviter de faire une chape .

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