Placement trésorerie entreprise : quelles sont les meilleures solutions en 2021 ?

À l’instar des particuliers qui épargnent plus ou moins régulièrement, les entreprises et associations ont aussi des liquidités à placer, afin d’éviter l’écueil de les laisser « dormir » sur un compte courant qui ne rapporterait rien. Reste qu’il n’est pas forcément simple de s’y retrouver parmi la multitude de solutions avancées par les banques et assureurs. Voyons ensemble comment bien placer, en 2021, sa trésorerie d’entreprise. 

Placement de la trésorerie excédentaire d’entreprise : définition 

Le placement de l’excédant de trésorerie est un enjeu majeur pour toute entreprise, peu importent sa taille, son chiffre d’affaires ou sa forme juridique. Par « excédant de trésorerie », l’on entend les sommes dont l’entreprise n’a pas besoin à court terme. Il faut toujours conserver des sommes suffisantes pour assurer le besoin en fonds de roulement de l’entreprise (sur le plan comptable). 

Reste à savoir combien bien placer / investir avec sa société. Pour cela, la première étape est de bien comprendre les modalités de placement des excédants de trésorerie. Investir avec sa SASU ou sa PME de 200 employés ne se fait pas de la même façon : les sommes en jeu et les supports à prioriser sont bien différents.  

L’objectif est d’éviter que les sommes ne « dorment » sans rien rapporter (sur certains supports, le rendement peut même être négatif, du fait de l’inflation). Le gestionnaire (chef d’entreprise, directeur financier…) doit alors diversifier les placements, et trouver le bon équilibre en :

  • S’assurant qu’une partie de la trésorerie placée restera « liquide » (en cas de besoin urgent par exemple), 
  • Plaçant l’autre partie sur des supports à plus long terme, afin de maximiser la rentabilité. 

Bien sûr, il est possible de laisser la trésorerie d’entreprise sur un compte courant rémunéré, et ce notamment si les montants sont peu élevés (la rémunération serait de toute façon minime). Reste que passé un certain niveau, il est toujours préférable de placer la trésorerie sur des supports qui génèrent des gains et intérêts.

Au final, le placement de l’excédant de trésorerie revient, pour l’entreprise ou l’association, à ce que fait le particulier lorsqu’il gère son épargne. Les objectifs sont à peu près les mêmes : maximiser ses liquidités pour en tirer le meilleur rendement sans prendre trop de risques. 

Comment bien utiliser la trésorerie d’entreprise ?

Nous l’avons dit, le placement de la trésorerie d’une SASU, d’une petite association ou d’une grande entreprise ne répond évidemment pas aux mêmes règles. Le choix de telle ou telle solution se fait au regard de nombreux éléments : les sommes à placer, l’horizon de placement, le niveau de risques jugé « acceptable »… 

Les experts s’accordent sur une chose : il faut diversifier, et donc répartir l’excédant de trésorerie sur différents supports, à horizons de placement différents. Pour cela, le gestionnaire doit faire un point, notamment, sur

  • Ses objectifs en termes de rendement, et donc sur l’horizon de placement. Le taux des placements d’entreprise dépend en effet très largement de l’horizon de placement, c’est-à-dire de la durée pendant laquelle les sommes seront investies. À court terme, la rentabilité est souvent faible ou nulle (corrigée de l’inflation). Les placements à moyen / long terme permettent de lisser les risques dans le temps et donc de se positionner sur des supports plus dynamiques, et donc souvent plus rémunérateurs. 
  • Le niveau de liquidité attendu. Certains placements nécessitent de laisser les sommes un certain moment : un retrait anticipé entraîne des frais ou une rémunération réduite. 
  • Les montants à placer : certains produits et supports ne sont accessibles qu’à partir d’un ticket d’entrée minimum (les contrats de capitalisation notamment). Les solutions ne sont donc pas les mêmes selon que l’on souhaite placer 10 000 ou 500 000 euros. 
  • Le profil d’investisseur de l’entreprise. Comme les particuliers, les entreprises ont aussi un « profil de risques » : prudent, équilibré ou dynamique. 

Vous l’aurez compris, l’horizon de placement est un critère majeur. La meilleure pratique est donc de diversifier en visant différents supports, ayant chacun une durée différente. Compte à terme, contrat de capitalisation, fonds de valeurs mobilières ou fonds immobiliers… Chaque produit nécessite de laisser les sommes investies un certain temps. Les entreprises aux revenus stables et n’ayant pas besoin des fonds à court terme peuvent donc se tourner vers des supports à visée plus long terme. 

Type de placementHorizon
Court termeMoins de 2 ans
Moyen termeEntre 2 et 5 ans
Long termePlus de 5 ans

Précisons enfin que le statut juridique de la structure peut aussi avoir un impact sur les solutions de placement disponibles. Une holding patrimoniale aura par exemple accès à un plus large éventail de placements qu’une entreprise commerciale. 

Les solutions de placement de trésorerie à court terme 

Il existe plusieurs solutions de placement de sa trésorerie excédentaire à court terme. Elles sont toutefois (presque toutes) peu rémunératrices. En moyenne, le rendement est bien inférieur à 1 % par an, ce qui, corrigé de l’inflation, revient à une rémunération nulle voire négative. 

Nous parlons ici des produits monétaires. Citons par exemple les : 

  • Livrets bancaires, 
  • Comptes courants rémunérés (qui servent rarement plus de 0,2 % à l’année). 

L’intérêt de ces solutions est que les sommes placées restent liquides. Il s’agit aussi de placement « simples » : la rémunération se fait au jour le jour ou par quinzaine. Le capital est garanti : les risques de pertes son inexistants. 

Citons aussi les comptes à terme, qui servent en moyenne entre 0,20 et 0,30 % lorsqu’il s’agit de termes courts. Leur rémunération est progressive avec le temps : elle peut par exemple être de 0,1 % pour les 3 premiers mois, puis passer à 0,2 ou 0,3 % ensuite… Vous le voyez, dans tous les cas, la rentabilité reste minime. Les sommes peuvent être récupérées à tout moment, mais cela a souvent des conséquences, comme la perte de la rémunération notamment.

Outre celui de la liquidité, l’avantage des comptes à termes est que les tickets d’entrée sont plus faibles que ceux, par exemple, des contrats de capitalisation. 

Vous le voyez, il n’existe pas de solution de placement de trésorerie à court terme vraiment rémunératrice. Pour booster un peu le rendement de votre excédant, il faudra vous orienter sur des placements à horizon plus long.  

Placer sa trésorerie d’entreprise sur un contrat de capitalisation 

Le contrat de capitalisation est une « valeur sure » en matière de placement d’excédant de trésorerie d’entreprise. Il s’agit de l’équivalent, pour les personnes morales, de l’assurance-vie (qui est réservée aux particuliers). La fiscalité de ce placement de trésorerie est aussi privilégiée : il s’agit d’une « enveloppe fiscale ». 

Le contrat de capitalisation est un placement à moyen / long terme. Outre le fonds euro, il donne accès à un large éventail de supports d’investissement (OPCVM, ISR, SCPI…), ce qui en fait un produit au bon potentiel de rendement. 

Le fait que l’entreprise puisse ventiler entre le fonds euro et les autres supports disponibles au sein du contrat est un sérieux atout dans une stratégie de diversification de ses placements.

Pour ce qui est maintenant du rendement

  • Le fonds euro dégage rarement plus de 1 ou 2 % par an (comme pour une assurance-vie), 
  • Les autres supports (« unités de compte ») peuvent être bien plus rémunérateurs, mais ils sont (plus ou moins) risqués. Le capital n’est ici pas garanti. La performance est volatile, et dépend de l’évolution des marchés financiers et / ou immobiliers.  

Plus la durée du placement est longue, plus il est intéressant de s’orienter vers des supports « dynamiques », lesquels sont plus risqués mais ont un meilleur potentiel de gains. Les années permettent de lisser les risques dans le temps. 

Si elle n’est pas spécialisée en la matière, l’entreprise peut confier la gestion de son contrat de capitalisation. Elle pourra ainsi, par exemple, se positionner sur des « produits structurés », au meilleur potentiel que le fonds euro, ou sur d’autres supports vers lesquels elle ne serait pas nécessairement allée en gestion libre. 

Au moment de choisir son contrat de capitalisation, il faudra toutefois être très attentif à la question des frais (et notamment à ceux applicables en cas de rachat anticipé sur le fonds euro, qui peuvent dépasser les 3 ou 4 %). 

Attention enfin : les contrats de capitalisation sont soumis à des conditions d’accès, en l’occurence à un ticket d’entrée. Celui-ci peut être de plusieurs centaines de milliers d’euros. Ce produit ne s’adresse donc pas aux plus petites structures. 

Les solutions de placement de trésorerie à moyen ou long terme 

Certains types de placements / supports sont, par nature, plutôt réservés aux chefs d’entreprise qui souhaitent utiliser leurs excédants de trésorerie sur le moyen ou long terme.

C’est par exemple le cas des OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières), accessibles au sein d’un contrat de capitalisation ou d’un compte-titres. Il s’agit de parts de « fonds d’investissement », lesquels investissent eux-mêmes sur les marchés financiers (actions, obligations, produits complexes…). Les OPCVM, FCP etc. vous donnent accès à une grande variété de marchés : sectoriels, géographiques… Il faut toutefois être prêt à accepter les risques inhérents. Aucune garantie en capital n’existe avec ce type de supports. 

Les contrats de capitalisation à architecture ouverte permettent d’accéder à un grand nombre de supports types OPCVM, SCPI… Les comptes-titres permettent quant à eux d’accéder à tous les titres, que ce soit en direct ou via des fonds. 

Citons aussi une autre solution « classique » pour placer sa trésorerie : le marché obligataire, et surtout les obligations d’entreprises. Celles-ci ont un bon rapport rendement / risques et sont plus rémunératrices que les obligations d’États. Leur taux est connu à l’avance : souvent dans les 2 à 3 % par an. L’horizon de placement pour les obligations est en général de 3 à 5 ans, ce qui en fait une bonne solution lorsque l’on veut placer sa trésorerie. 

Autre solution : la « private equity », qui revient à investir dans le capital d’entreprises non cotées. Il s’agit là d’une stratégie long terme : le potentiel de gains est très important mais cela présente des risques importants. 

Citons enfin les comptes à terme qui, comme nous l’avons vu, peuvent être souscrits sur des durées plus longues (ce qui a pour effet d’améliorer leur rémunération par rapport aux CAT courts). 

Où placer la trésorerie d'entreprise ?

Lorsqu’il a des excédants de trésorerie à placer, le chef d’entreprise ou le directeur financier a tout intérêt à faire jouer la concurrence, et à ne pas se contenter des solutions que lui propose son établissement bancaire habituel. Chaque établissement (banque, assureur…) a ses propres produits destinés aux entreprises et professionnels souhaitant placer leur trésorerie. 

Il est aussi possible de déléguer cette mission à un courtier en services et produits financiers, spécialisé pour les professionnels. Celui-ci doit idéalement avoir une expérience avec d’autres structures équivalents à la vôtre (TPE, PME…). Cela lui permettra de bien comprendre vos problématiques, objectifs, horizon de placement… 

Ce qu’il faut savoir, c’est que les produits et supports que nous avons vus ne sont pas nécessairement proposés par tous les établissements. Certains ne commercialisent par exemple plus de livrets ou de compte courant rémunéré pour les entreprises. 

Pour un même type de produit (un contrat de capitalisation par exemple), l’on note en outre d’importantes différences entre les établissements : ticket d’entrée, frais, supports disponibles, rendements passés… Le but est alors de comparer un maximum d’offres au regard de ces critères. 

ProduitEntité(s)
Contrat de capitalisationAssureurs, banques...
Compte à termeBanques

Coover a réalisé pour vous un comparatif des meilleures produits 2021 pour placer votre excédant de trésorerie.

Faut-il investir dans l’immobilier avec son entreprise ?

Investir dans l’immobilier avec sa société : est-ce une bonne idée ? Dans les faits, cette solution ne manque pas d’atouts. 

Premièrement, sachez que nous parlons ici de « pierre papier », c’est-à-dire de parts de Sociétés civiles de placement immobilier (« SCPI »), lesquelles sont accessibles, par exemple, via un contrat de capitalisation. 

Acquérir des SCPI est d’abord une excellente façon de diversifier ses placements de trésorerie, puisque vous investissez sur le marché immobilier sans les inconvénients que cela implique habituellement en direct (la gestion des locataires par exemple). 

Concrètement, c’est la société de gestion qui gère le parc immobilier (de bureaux ou autre). Vous n’avez donc « rien à faire » à ce niveau.

Le rendement des SCPI est attractif : il peut atteindre 4 à 5 % par an, selon l’horizon de placement. Attention toutefois aux conditions d’accès : un ticket d’entrée est très souvent prévu (il faut acquérir un certain nombre de parts). Il ne s’agit pas d’un produit excessivement liquide, même si les parts peuvent être achetées / vendues à tout moment (un horizon de placement de 5 ans au minimum est quand même conseillé). 

Notez aussi qu’il est possible d’acquérir des parts de SCPI « démembrées », et de n’acheter, donc, que l’ « usufruit ». Ce faisant, le prix d’acquisition est plus bas et vous percevrez les fruits (donc votre part des loyers) sans être plein propriétaire des parts. 

En tant qu’alternative aux SCPI, existent aussi les OPCI (Organismes de placement collectif immobilier). Le fonctionnement est assez similaire à celui des SPCI, si ce n’est qu’ici, une fraction majoritaire du fonds est investie en immobilier (60 % minimum), mais que le reste est investi sur les marchés monétaires et en valeurs mobilières (actions etc.). 

Peut-on investir bitcoin avec sa trésorerie d'entreprise ?

Vous avez tout à fait le droit d'acheter des bitcoins ou une autre cryptomonnaie avec votre société.

Tout comme pour les particuliers, deux options s'offriront à vous :

Vous devrez fournir un KBIS, les statuts de l'entreprise et la pièce d'identité de chacun des dirigeants qui utilisera la plateforme.

Gardez en tête que ces actifs sont hautement volatiles et que vous pouvez perdre une grosse partie de votre investissement, ou même plus si vous utilisez des effets de levier.

Comment faire fructifier sa trésorerie ?

Les solutions pour valoriser son excédant de trésorerie sont multiples. Citons par exemple les comptes à terme, contrats de capitalisation, compte-titres ou encore les parts de fonds immobiliers. Tout dépend de l'horizon de placement, des objectifs et du niveau de risques que l'entreprise est prête à accepter.

Comment gérer la trésorerie de l'entreprise ?

La meilleure pratique pour bien gérer sa trésorerie est de diversifier ses placements, sur différents types de produits / supports (avec des horizons de placement différents), et idéalement sur plusieurs types de marchés (monétaires, obligataires, actions...). Veillez aussi à conserver une fraction de trésorerie plus liquide.

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