Frais bancaires professionnels : les comprendre pour faire des économies

La question des frais bancaire a toujours été particulièrement centrale pour les professionnels. Certains en viennent même à changer d’établissement bancaire pour cette raison. Reste à comprendre à quoi correspond chaque type de frais, et à savoir quel est le niveau « acceptable » pour chacun. Tour d’horizon. 

Définition des principaux frais bancaires pour les pros 

Que l’on soit auto-entrepreneur ou patron de PME, avoir un compte bancaire dédié à son activité est indispensable. Et cela peut vite coûter cher. Les « lignes tarifaires » sont en effet plus nombreuses pour les professionnels que pour les particuliers. Et au final, la note s’avère souvent bien plus salée. 

À titre d’exemple, voici la brochure tarifaire Hello Bank pour un compte professionnel : 

frais bancaires pro hello bank
Les frais bancaires pro chez Hello Bank

Un site du gouvernement vous permet de comparer facilement les frais bancaires selon les régions et les établissements. Jetez-y un oeil si vous souhaitez mettre en concurrence ce que vous payez actuellement avec les moyennes du marché. 

Les frais de tenue de compte professionnel 

Les frais de tenue de compte regroupent divers frais liés à l’administration et à la gestion du compte pro : envoi des relevés, chéquier… 

Ces derniers sont souvent payants auprès des banques traditionnelles. Ils sont en revanche, en général, gratuits auprès des banques en ligne (car inclus dans un abonnement). 

Les frais de carte bancaire professionnelle 

La carte bancaire, quelle que soit sa gamme, fait souvent l’objet d’une tarification à part, au moins auprès des banques à guichet. Elle se paye en général à l’année, sur la base d’un montant forfaitaire

Les banques en ligne et néobanques « offrent » souvent la carte bancaire. 

Les frais de banque au quotidien

La « banque au quotidien » génère divers types de frais. On retrouve notamment : 

  • Les frais de virement (SEPA et non SEPA, et donc en devises), 
  • Les frais d’émission et d’encaissement de chèques, 
  • Les frais liés à des rejets ou des opérations spécifiques : rejet de prélèvement, de chèque, lettre pour solde insuffisant… 
  • Les frais de tenue de compte inactif (plafonnés à 30 euros / an par la loi), 
  • Les frais spécifiques aux produits souscrits (un livret entreprise par exemple). 

Tous ces frais sont à prendre en compte lorsque l’on compare des offres bancaires. Une entreprise qui travaille beaucoup avec l’étranger aura par exemple intérêt à bien vérifier le coût des virements SEPA / non SEPA. 

Le découvert bancaire pour les pros 

Le découvert en compte peut, pour un professionnel, coûter assez cher. Les facilités de caisse, c’est-à-dire les autorisations de découvert, sont une forme de crédit. Elles génèrent donc des frais : agios, commission du plus fort découvert (commission proportionnelle au plus haut découvert constaté dans le mois), commissions d’intervention (quand une opération fait passer le solde au delà de la limite autorisée)… 

Les commissions de mouvement 

Les commissions de mouvement sont surtout facturées par les banques traditionnelles. Il s’agit de commissions calculées sur les opérations portées au débit du compte pro. Elles sont en général facturées par mois, avec un minimum de perception (qui dépend des banques). Elles sont proportionnelles au montant des opérations débitrices (retraits, virements…). 

Les frais des services spécifiques aux professionnels 

Certains services spécifiques aux professionnels font aussi l’objet de frais. Citons par exemple le terminal de paiement (TPE). Celui-ci vient par exemple avec deux types de frais : 

  • Les frais de location du TPE lui-même, 
  • Les frais de transaction (qui sont proportionnels aux montant encaissés). 

Les frais d’ouverture et de fermeture de compte 

Ouvrir un compte professionnel est en général gratuit. Idem pour sa fermeture. Mais plusieurs types de frais existent quand même pour certaines opérations, comme par exemple :

  • Les frais de dossier, 
  • Les frais de dépôt de capital (dans le cadre d’une création d’entreprise), 
  • Les frais de transfert de certains produits bancaires. 

Quel est le niveau moyen des frais bancaires ? 

La liste des frais bancaires est longue. La facture globale, payée à la fin du mois par le professionnel indépendant ou l’entreprise, dépend de deux facteurs principaux

  • La taille de la structure : chiffre d’affaires, nombre d’employés, besoins spécifiques… 
  • Le type d’établissement bancaire / de compte choisi : banque traditionnelle ou banque en ligne / néobanque. 

Globalement, le coût de la banque pro peut aller d’une dizaine d’euros par mois pour un entrepreneur individuel, à plusieurs dizaines (voire centaines) pour les PME et entreprises de plus grande taille. 

Rien que les frais de tenue de compte peuvent, auprès d’une banque à guichet, coûter 20 à 30 euros par mois. Auprès des banques traditionnelles toujours, la carte bancaire est souvent payante : comptez entre 50 et 150 euros par an selon la gamme de la carte. Si plusieurs cartes sont requises, la facture grimpera encore. 

Les banques proposent aujourd’hui des packs, c’est-à-dire des offres groupées de services. Cela rend les choses plus lisibles. Aux services inclus s’ajoutent des opérations facturées « à la carte ». 

Quelle que soit la taille de sa structure, il est primordial de bien comparer les frais lorsque l’on choisit sa banque. Il est toujours possible, par la suite, de les négocier

Point tout aussi important : ne payer que pour des services que l’on utilise réellement. Inutile par exemple de payer pour un chéquier si l’entreprise ou l’indépendant n’utilise pas ce moyen de paiement. Dans la même lignée, mieux vaut aussi demander en amont une augmentation du découvert autorisé plutôt que de risquer des frais de dépassement. 

Idéalement, le professionnel ou l’entreprise effectuera un maximum d’opérations de manière autonome, sur son espace personnel en ligne. Un virement effectué au guichet sera par exemple payant, contrairement à un virement passé sur internet.

Frais bancaires et compte professionnel : notre comparatif 

Les banques traditionnelles proposent en général une offre groupée de services ainsi que des services à la carte. Les banques en ligne et néobanques fonctionnent plutôt avec un abonnement, qui fait l’objet d’une cotisation mensuelle (avec des services et une carte bancaire incluse). Chacune propose plusieurs formules. 

Pour vous donner un ordre d’idée, voici un petit comparatif des formules et packs commercialisés par les principaux acteurs du secteur de la banque digitale : 

BanqueFrais mensuels et formules
logo blankCarte blanche : 7 euros HT
Carte noire : 15 euros HT
logo banque hellobank10,90 euros pour Hello Business
logo shineDe 7,90 euros (formule Basic) à 26,90 euros (Business)
logo anytimeDe 9,50 euros (formule Start) à 45 euros (Boost)
qonto logoPour les indépendants : de 9 euros (formule Basic) à 39 euros (Premium)
Pour les PME : de 29 euros (formule Essential) à 249 euros (Enterprise)
logo banque monabanq9 euros TTC pour les auto-entrepreneurs
Les frais et formules des principales banques en ligne

Quelles sont les meilleures banques pour les entreprises ?

Aujourd’hui, on trouve de nombreuses alternatives aux banques traditionnelles : banques en ligne, néobanques et acteurs de la « fintech ». Leurs offres sont surtout calibrées pour les entrepreneurs individuels et les petites structures, mais des entreprises plus importantes pourront aussi y trouver leur compte. 

Les banques traditionnelles : gourmandes en frais bancaires 

Les banques traditionnelles comme la Société Générale ou BNP Paribas proposent des packages de services / des « conventions de compte » aux clients professionnels. Il s’agit donc d’offres groupées de services, qui incluent les frais de tenue de compte, les virements, prélèvements… 

Souscrire à son compte pro auprès d’une banque traditionnelle a encore des avantages : agence et conseiller dédiés, dépôt de chèque facile, large gamme de produits et services… Mais malheureusement, cela est rarement la solution la plus économique

Les banques à guichet sont en effet les plus gourmandes en matière de frais bancaires. Les packages sont peu compétitifs, les cartes bancaires sont souvent payantes… 

Globalement, les banques traditionnelles sont surtout à conseiller pour les entreprises de taille un peu plus importante, qui ont besoin de services sur-mesure.

Banque en ligne : la meilleure solution pour réduire ses frais bancaires ? 

Les banques en ligne et néobanques, c’est-à-dire les acteurs de la « fintech », avancent aujourd’hui des offres très compétitives, aux tarifs alléchants. Toutes proposent différentes formules, incluant de plus en plus de services et souvent, une carte bancaire pro gratuite

Il est donc très facile de trouver, pour un auto-entrepreneur ou un indépendant, un compte bancaire pro avec une bonne qualité de services pour moins de 20 euros par mois (7 euros chez Blank, par exemple). Concrètement, la cotisation mensuelle comprend des services gratuits, bien que certains soient limités (5 virements gratuits par mois par exemple). Pour en « avoir plus », il suffira de prendre une formule supérieure. 

Attention toutefois avant de vous précipiter vers une banque en ligne. Faites d’abord un point précis sur vos besoins. Les néobanques comme Shine ou Anytime ne proposent pas encore toute la gamme de produits et services que l’on trouve, par exemple, chez BNP Paribas. 

Le principal intérêt des banques en ligne réside donc dans le niveau des frais facturés. Pour résumer : 

  • Les « pure-players » sont moins gourmands à ce niveau que les banques traditionnelles, 
  • Des offres de bienvenue sont régulièrement proposées (par exemple, 300 euros offerts à l’ouverture d’un compte), 
  • La carte bancaire (même haut de gamme) peut être offerte,
  • Il n’y a en général aucuns frais de tenue de compte,
  • Le coût des services « à la carte » est très lisible. Les banques en ligne sont très transparentes sur les frais pratiqués. 

Ces offres sont surtout intéressantes pour les auto-entrepreneurs, entrepreneurs individuels, professionnels libéraux… D’autant que de très nombreux outils sont souvent proposés pour faciliter la gestion au quotidien : calculatrices, outil de suivi des dépenses, calcul de la TVA…

Y-a-t-il un plafonnement des frais bancaires ? 

La loi plafonne certains frais bancaires et en interdit d’autres (ce qui revient au fait que certaines opérations et services doivent être gratuits). 

Par exemple, les retraits dans un distributeur de l’enseigne doivent être gratuits.

Voici un court tableau récapitulatif des frais bancaires plafonnés par la loi : 

FraisPlafond
Frais de rejet de prélèvement20 euros
Commissions d'intervention8 euros par opération (max 80 euros par mois)
Frais de compte bancaire inactif30 euros par an
Rejet de chèque30 ou 50 euros (selon le montant du chèque)
Frais de retrait en DAB de la banque0 euros
Les frais bancaires professionnels plafonnés (ou non)

Peut-on demander un remboursement de frais bancaires abusifs ? 

Un client a toujours la possibilité de négocier les frais bancaires. Les conseillers ont une marge de manoeuvre en la matière. N’hésitez donc pas à contacter le vôtre si vous contestez des frais, ou considérez que vous en payez trop à l’année, notamment s’il s’agit d’un premier « incident ». 

N’oubliez pas, des frais peuvent être élevés mais justifiés, et donc non contraires à la loi. Dans ce cas, ils ne seront pas considérés comme abusifs.

Les frais abusifs sont ceux qui dépassent les plafonds légaux, qui sont interdits ou qui n’apparaissent pas dans les brochures de l’établissement bancaire. Si de tels frais vous sont facturés, commencez par contacter votre conseiller bancaire. À défaut de remboursement, envoyez, par courrier recommandé avec accusé de réception, une lettre de refus de frais bancaires abusifs. 

Si vous n’obtenez pas gain de cause, tournez-vous vers le médiateur bancaire auprès de la Banque de France. Une association de consommateurs pourra également vous assister dans vos démarches. La dernière solution sera enfin de saisir la justice, en portant l’affaire devant le tribunal d’instance de votre lieu de résidence. 

Attention : vous n’avez que 2 ans pour contester des frais bancaires que vous jugez abusifs. 

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