Qu’est-ce que la garantie plancher de l’assurance-vie ?

L’assurance-vie investie (en tout ou partie) en unités de compte est soumise à des risques de perte en capital. Concrètement, selon l’évolution des marchés financiers, il est possible que l’épargnant perde de l’argent, si les supports qu’il a acquis baissent. Bon nombre d’assureurs et de banques permettent de palier, dans une certaine mesure, à ce problème, et proposent une « garantie plancher ». Voyons ensemble comment elle fonctionne. 

Garantie plancher en assurance-vie : définition 

La garantie décès plancher est une option proposée par certains contrats d’assurance-vie. Elle concerne les contrats dits « multisupports », investis au moins en partie en unités de compte, qui présentent donc des risques de perte en capital. 

Concrètement, cette garantie plancher est une garantie décès intégrée dans l’assurance-vie. Elle compense les aléas des marchés en assurant une valorisation minimum du contrat au décès, même si les unités de compte ont baissé entre temps. Il s’agit donc d’une sécurité pour l’épargnant. 

Ainsi, au décès du souscripteur assuré, lorsque le capital est transmis au(x) bénéficiaire(s), la garantie peut par exemple jouer si la valorisation du contrat est passée en dessous du montant total des apports effectués. 

Elle n’a donc pas d’intérêt pour les contrats d’assurance-vie investis à 100 % en fonds euro (les contrats « monosupport ») puisqu’il n’y a aucun risque de perte en capital. 

Dans les faits, il existe plusieurs « variantes » de la garantie plancher : à cliquet, majorée… Nous y reviendrons. 

Notons enfin que la garantie peut également jouer, selon ce qui est prévu au contrat, en cas d’invalidité, de chômage… Elle ne « se limite » pas forcément au décès. 

Comment fonctionne la garantie plancher en assurance-vie ? 

Quel est le calcul de la garantie plancher en assurance-vie ?  

La garantie décès plancher en assurance-vie peut fonctionner de diverses manières. La plus commune est la garantie plancher « simple ». En vertu de celle-ci, si, par exemple, l’assuré a versé 50 000 euros sur son contrat et qu’au décès sa valorisation a baissé (à cause des unités de compte), la garantie s’activera et c’est bien 50 000 euros qui seront transmis aux bénéficiaires. À l’inverse, si la valorisation a grimpé et dépassé les versements, la garantie ne jouera pas. 

Valorisation au décès (pour 50 000 euros versés)Garantie plancher
60 000 eurosNon, car la valorisation > les versements
45 000 eurosOui, car la valorisation < les versements

Le calcul de la garantie plancher (le rapport entre versements / valorisation notamment) sera fait par l’assureur à la résolution du contrat.  

La garantie peut aussi être « indexée », c’est-à-dire qu’elle sera revalorisée dans le temps. Tout dépendra donc de ce qui est prévu par le contrat (par exemple, 2 % de revalorisation annuelle). 

Autre option : la garantie plancher avec effet cliquet (qui peut d’ailleurs être souscrite à tout moment si l’assureur le propose). Ici, la valorisation garantie sera équivalente à la plus haute atteinte pendant la vie du contrat. Ce type de garantie plancher a bien sûr un coût non négligeable. 

Citons également la garantie plancher majorée ou « vie entière » : ici, l’assuré choisit un montant garanti (par exemple, 120 % des versements effectués sur l’assurance-vie). Celle-ci est aussi plus chère : le souscripteur devra payer une prime tant que la valorisation du contrat est inférieure au montant garanti. 

Combien coûte une garantie plancher en assurance-vie ? 

La garantie plancher fait en général l’objet d’une cotisation annuelle payée par l’épargnant, qui vient s’ajouter aux frais propres à l’assurance-vie : frais de gestion annuels, éventuels frais sur versement, frais d’arbitrage… 

Son coût est aussi évolutif : plus l’assuré avance en âge, plus elle coûte cher. Les banques et assureurs sont libres de fixer leurs tarifs. Certaines versions de la garantie sont aussi plus onéreuses, comme l’option cliquet par exemple. Si vous souhaitez ouvrir un nouveau contrat d’assurance-vie avec cette option, il faudra passer par la case comparaison ! 

La garantie simple coûte quelques dizaines d’euros par an au maximum pour un trentenaire. Elle pourra atteindre plusieurs centaines par an pour un assuré de 70 ans. 

Le calcul du tarif en lui-même dépend du contrat : soit la cotisation vient en plus des frais de gestion, soit elle est calculée sur l’encours du contrat. 

La garantie plancher optionnelle en cas de décès

La garantie plancher en assurance-vie est souvent optionnelle, mais elle peut aussi être intégrée d’office dans le contrat.

Faut-il souscrire à une garantie décès plancher sur son assurance-vie ? 

L’assurance-vie avec garantie plancher s’adresse à tout le monde. Elle n’est toutefois « évidemment » intéressante que pour les épargnants souhaitant dynamiser leur contrat en cherchant une meilleure rentabilité via les unités de compte, et optant donc pour un contrat multisupports.

Elle devient particulièrement recommandée (quoi que plus chère) pour les assurés avançant en âge, et souhaitant s’assurer qu’ils transmettront, à leur décès, un capital jugé suffisant à leur(s) bénéficiaire(s), surtout s’il s’agit par exemple des enfants ou du conjoint. 

Notez toutefois que cette garantie « s’arrête » en général autour de 70 / 75 ans (selon les contrats). Elle est donc toujours limitée dans le temps. Elle ne jouera, s’il s’agit d’une garantie décès, que si la disparition survient avant l’âge limite prévu dans ses conditions. 

Comme dit, tous les assureurs-vie ne proposent pas nécessairement de garantie plancher dans leurs contrats, qu’il s’agisse d’entités en ligne type néobanques ou de banques à guichet traditionnelles. Sachez par exemple qu’une garantie plancher Predissime 9 est proposée par le Crédit Agricole. Il en va de même pour d’autres établissements.

Si vous souhaitez ouvrir une assurance-vie multi-supports et investir en unités de compte, il pourra être judicieux de cibler les contrats proposant cette option, afin d’assurer une valorisation minimum au moment de la résolution du contrat, et donc de prévenir les risques de perte en capital. 

Notez cet article

Note moyenne 5 / 5. Votes : 1


Un expert vous répondra