PEA ou assurance-vie : quel support choisir ?

Le PEA et l’assurance-vie sont deux « enveloppes » fiscales. C’est la raison pour laquelle ils sont souvent comparés. Même si ces deux contrats sont en fait très différents, il est légitime de ne pas forcément savoir lequel choisir. Tout dépend de votre situation, de vos objectifs, de votre horizon de placement… Voyons ensemble comment faire son choix entre assurance-vie et Plan épargne en actions. 

PEA vs Assurance-vie : comment choisir ?

PEA ou assurance-vie : que choisir ?

Le choix entre PEA (Plan épargne en actions) et assurance-vie doit se faire au regard de nombreux éléments. 

Dans un premier temps, déterminez votre profil de risques. L’assurance-vie offre une grande liberté en matière d’investissement. Il est possible de placer 100 % du capital en fonds euro, lequel est sécurisé et garanti. Si le contrat est « multisupports », il est aussi possible d’allouer tout ou partie du capital en « unités de compte », plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices. Le PEA est par nature risqué, puisque les sommes placées sont investies en actions (et donc sur les marchés financiers). Si vous ne souhaitez prendre aucun risque avec votre argent, le PEA est déconseillé. 

Ces deux enveloppes sont toutes deux des placements long terme, car elles sont de plus en plus intéressantes fiscalement avec le temps, c’est-à-dire après 5 ans (PEA) ou 8 ans (assurance-vie). 

Tout dépend également des supports qui vous intéressent. À ce titre, l’assurance-vie vous donne accès à divers types de supports. Le PEA est plus limitant à ce niveau (actions, fonds en actions et trackers) mais si vous cherchez à investir sur le marché actions européennes, il s’agit de la meilleure solution, car vous aurez accès à « toutes » les actions éligibles en direct (nous y reviendrons). 

En termes de fonctionnement, l’assurance-vie est plus « souple » que le PEA. Il est en effet possible de faire un rachat à tout moment, contrairement au PEA (un retrait avant 5 ans est possible mais cela entraîne la clôture du plan). Si votre horizon de placement est plutôt à moyen terme (moins de 5 ans), évitez le PEA pour cette raison, mais aussi parce que les risques inhérents aux actions doivent idéalement être lissés dans le temps. 

Enfin, pour ce qui est de la gestion, disons que le PEA s’adresse plutôt aux « connaisseurs » qui se chargent eux-mêmes de leurs arbitrages (achat et vente de titres). En assurance-vie, il est possible de confier la gestion des supports (via des « modes et options » de gestion). 

Existe aussi le PEA-PME qui, comme son nom l’indique, se limite aux actions de petites et moyennes entreprises / ETI. Sa fiscalité et son fonctionnement sont les mêmes qu’un PEA classique, mais son plafond de versement est plus haut. 

Peut-on cumuler PEA et assurance vie ?

Il est tout à fait possible de détenir à la fois une assurance-vie et un PEA. Une même personne peut d’ailleurs ouvrir plusieurs assurances-vie (y compris auprès d’établissements différents). Elle ne peut en revanche détenir qu’un seul plan épargne en actions. 

Il est intéressant, pour ces deux enveloppes, de « prendre date » fiscale, c’est-à-dire de procéder à l’ouverture le plus tôt possible. Vous arriverez ainsi plus vite à la « maturité fiscale » (5 ans pour le PEA et 8 ans pour l’assurance-vie).  

Fonctionnement : avantage PEA ou assurance-vie en 2021 ?

L’assurance-vie et le PEA sont deux enveloppes très différentes en termes de fonctionnement. L’assurance-vie est beaucoup plus souple / liquide : un rachat partiel ou total est possible à tout moment. S’il n’est que partiel, le contrat continue. 

Sur un PEA, il est possible de vendre et d’acheter des titres à tout moment mais le moindre retrait avant 5 ans entraîne sa fermeture immédiate

Assurance-vie et PEA diffèrent aussi quant à leur plafond de versement

ContratPlafond de versement
Assurance-vieAucun
PEA150 000 euros
(225 000 euros au total pour un PEA-PME)

Le plafond du PEA est un plafond de versement. Avec les gains, il est possible (et souhaitable !) que sa valorisation soit supérieure. 

Le PEA intègre une « poche » de liquidités, laquelle recueille les versements, plus-values, dividendes… Cette poche n’est pas rémunérée puisque l’argent qui y est placé se destine à être investi dans des titres. Il est d’ailleurs possible d’acheter des actions au fur et à mesure. À l’inverse, les sommes placées en assurance-vie doivent nécessairement l’être sur un support (fonds euro et / ou unités de compte).  

Le PEA est constitué d’actions : c’est à l’épargnant de faire ses arbitrages lui-même (de très rares PEA proposent de déléguer la gestion). Il est à l’inverse possible de déléguer totalement la gestion de son assurance-vie, à l’assureur ou à une société de gestion. 

Dans les deux cas, la gestion est possible en ligne via l’espace personnel de l’épargnant sur le site de l’établissement. 

De manière générale, un PEA est soumis à moins de frais qu’une assurance-vie.

Fiscalité : PEA vs assurance-vie

Ces deux produits sont des enveloppes fiscales, c’est-à-dire qu’ils ont chacun une fiscalité qui leur est propre. Pour les deux, aucune fiscalité ne s’applique si aucun retrait n’est fait. 

Pour le PEA, les choses sont assez simples en cas de rachat

  • Avant 5 ans : les gains sont imposés sur la base de la « flat tax » de 30 % (12,8 % + prélèvements sociaux de 17,20 %), 
  • Après 5 ans : les gains sont exonérés d’impôt. Seuls les prélèvements sociaux sont ponctionnés (17,20 %). 

Pour l’assurance-vie, les choses sont un peu plus compliquées, puisque la fiscalité au rachat dépend notamment

  • De l’âge du contrat, 
  • Des dates auxquelles ont été faits les versements. 

En dehors de tout rachat, il n’y a pas de fiscalité en assurance-vie. Seuls les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur les intérêts dégagés par le fonds euro (17,20 %). 

Si le rachat en assurance-vie porte sur des versements faits avant septembre 2017, l’épargnant choisit, en termes de fiscalité applicable aux gains et intérêts retirés, entre l’impôt sur le revenu ou un Prélèvement forfaitaire libératoire dégressif (avec l’âge du contrat). Pour ce qui est des versements faits après cette date, le choix se fera entre impôt sur le revenu et Prélèvement forfaitaire unique (qui est en fait la flat tax de 30 %).

Après 8 ans, l’épargnant a droit à un abattement fiscal annuel sur les gains et intérêts retirés (4600 euros pour une personne seule). C’est ici que l’assurance-vie devient très intéressante.  

Quels sont les supports accessibles via l’assurance-vie et le PEA ?

L’assurance-vie et le Plan épargne en actions vous permettent tous deux de diversifier votre patrimoine en investissant sur les marchés financiers (voire immobiliers). 

Le PEA est plus contraignant en termes de supports disponibles. Il n’est possible d’acquérir que des actions européennes ou des parts de fonds investis à au moins 75 % en actions européennes (ou trackers). On parle d’actifs « éligibles » au PEA. De très nombreuses actions et OPCVM sont accessibles. Le PEA est à ce niveau très « réactif » : les ordres d’achat / de vente passés par l’épargnant sont immédiats

L’assurance-vie donne accès à un plus large éventail de supports : fonds euro, OPCVM, FCP… Il est par exemple possible, grâce aux SCPI, d’investir en « pierre-papier », c’est-à-dire sur le marché immobilier. 

ContratSupports disponibles
Assurance-vieFonds euro
Unités de compte : OPCVM, FCP, SCPI...
PEAActions et fonds éligibles au PEA
(au moins 75 % d'actions européennes)

Un investisseur averti ayant une stratégie spécifique sur le marché européen aura intérêt à opter pour le PEA car il aura accès à tous les titres vifs éligibles. L’assurance-vie peut quant à elle correspondre à tous les profils, y compris les épargnants n’ayant aucune connaissance en la matière, grâce aux modes et options de gestion proposés. 

Optimiser ma succession future : PEA ou assurance-vie ?

L’assurance-vie est un excellent outil pour optimiser sa succession. Pour la part des versements faits par l’assuré avant ses 70 ans, elle est traitée, au décès, hors succession. La fiscalité applicable est alors très favorable : chaque bénéficiaire jouit d’un abattement fiscal de 152 500 euros sur la part reçue. Au delà, la taxation est forfaitaire et, là encore, préférable au barème des droits de succession. 

Cet abattement est propre à chaque bénéficiaire, peu importe son lien de parenté avec l’assuré. L’assurance-vie permet donc de transmettre des sommes importantes en totale exonération fiscale, y compris à des tiers !

Pour la part des versements faits après 70 ans, la fiscalité est moins avantageuse mais un abattement global de 30 500 euros est quand même prévu (celui-ci est « partagé » entre tous les bénéficiaires). Au delà, la taxation se fera sur la base des droits de succession, qui dépendent du lien de parenté entre l’assuré-défunt et le bénéficiaire. 

Le PEA est aussi clôturé au décès du titulaire. Les héritiers peuvent décider de vendre ou de conserver les titres. Les sommes intègrent la succession mais aucune fiscalité ne s’applique sur les gains générés par le plan. Seuls les prélèvements sociaux sont ponctionnés (s’il y a plusieurs héritiers, ils sont répartis entre eux au prorata, selon la somme que chacun reçoit). 

Quelle est la différence entre un compte-titres et un PEA ?

À l'inverse du compte-titres, le PEA jouit d'un cadre fiscal propre et privilégié. Il est en revanche limité (actions européennes) et plafonné.

Quels sont les placements les plus rentables en 2021 ?

L'assurance-vie et le PEA ont un bon potentiel de rendement en 2021. Tout dépend des supports que vous choisissez et de leurs performances dans l'année.

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