Quel plafond pour l’assurance-vie ?

Certains contrats d’épargne sont plafonnées, notamment lorsqu’ils ont une fiscalité qui leur est propre. L’assurance-vie, qui jouit d’un cadre fiscal particulier, est-elle concernée par un (ou des) plafond ? Voyons ensemble quelles sont les différentes « limites »  particulières à l’assurance-vie. 

Versements sur une assurance-vie : quels plafonds ? 

Y a-t-il un plafond de versement en assurance-vie ? 

Quel est le plafond maximum que l’on peut verser sur une assurance-vie ? La réponse est simple : autant que l’on veut. Que le contrat soit mono ou multisupports, la loi ne pose pas de limite de versement, à l’inverse d’autres produits d’épargne comme le livret A par exemple. Sachez aussi qu’il est tout à fait possible de détenir plusieurs contrats d’assurance-vie.

Le plafond illimité d’une assurance-vie vaut « dans l’absolu » : ni le premier versement ni les suivants ne sont limités en montant. 

Les gains et intérêts pouvant être dégagés par le contrat d’assurance-vie ne sont pas non plus plafonnés. 

Souvent, plus le patrimoine est important, plus la part placée en assurance-vie est grande, et ce pour des raisons multiples : fiscalité attractive, potentiel de rendement, variété des supports d’investissement disponibles…

Sachez enfin que la plupart des contrats d’assurance-vie disponibles sur le marché (que ce soit auprès des établissements « traditionnels » ou en ligne) sont assortis d’un minimum à l’entrée, pouvant aller de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros. Si l’épargnant opte pour des supports particuliers, comme des SCPI par exemple, il devra aussi investir un minimum (le prix de X parts). 

Quel est le plafond de retrait sur une assurance-vie ? 

Quel est le plafond de retrait sur une assurance-vie La Poste, Caisse d’épargne ou BNP Paribas ? En fait, peu importe l’établissement où le contrat a été ouvert, il n’y a pas de montant maximum de rachat. L’épargnant est libre de retirer ce qu’il souhaite (dans la limite bien sûr de la valorisation de son contrat), et ce à tout moment. 

Le retrait de l'assurance-vie peut être

  • Partiel : l’épargnant ne prélève qu’une partie du capital et des gains et intérêts du contrat, sans perdre l’antériorité fiscale, 
  • Total : l’épargnant retire un montant équivalent à la valorisation totale du contrat d’assurance-vie. Ce dernier est alors clôturé et l’antériorité fiscale est perdue. 

Afin de ne pas perdre cette fameuse antériorité fiscale (en deux mots : plus le contrat se rapproche des 8 ans, plus il est avantageux fiscalement), il est conseillé de laisser un minimum sur le contrat en tout temps, et donc d’éviter le rachat total. 

Quel est le plafond de la garantie en assurance-vie ?

Les contrats d’assurance-vie sont « garantis » dans une certaine mesure, notamment en cas de faillite de l’établissement où ils sont ouverts.

Cette garantie n’est pas illimitée : elle est plafonnée à 70 000 euros par contrat, quelle que soit sa date d’ouverture, peu importe la répartition du capital au sein du contrat (entre fonds euro et / ou unités de compte). 

Assurance-vie : quel plafond pour un retrait non imposable ?

Les plafonds du retrait non imposable 

Lors du rachat (du retrait), les règles fiscales qui s’appliquent sont propres à l’assurance-vie. Elles dépendent de la date d’ouverture du contrat, de son âge et du moment où ont été faits les versements (c’est-à-dire avant ou après le 27 septembre 2017).

Dans tous les cas, est seulement soumise à fiscalité la part d’intérêts / de gains retirés, et non la fraction de capital.

Si le contrat a moins de 8 ans, l’épargnant aura le choix entre : 

  • L’imposition de ses gains et intérêts au titre de l’impôt sur le revenu, 
  • La fiscalisation sur la base d’un prélèvement forfaitaire libératoire (ou « PFL », pour les versements faits avant 2017) ou unique (« PFU », après 2017). 

Quel est alors le plafond de retrait non fiscalisé sur une assurance-vie en 2021 ?

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’après 8 ans, l’assurance-vie devient plus intéressante car elle octroie un abattement annuel de 4600 euros sur les intérêts retirés (9200 euros pour un couple). Cet abattement permet donc de retirer chaque année une fraction de son assurance-vie sans aucune fiscalité : il suffira de ne pas ponctionner plus de 4600 euros de gains et intérêts sur le contrat (le rachat maximum est en fait plus important puisque le capital retiré n’est pas fiscalisé). 

Cet abattement vaut quelle que soit la date des versements. Peu importe donc que ce soit le PFL ou le PFU qui soit applicable (ou que l’épargnant choisisse plutôt l’imposition à l’IR). 

Il y a un autre « plafond » à connaître. Il concerne le cas où c’est le prélèvement forfaitaire unique qui s’applique (donc pour les versements après 2017). Au delà de l’abattement de 4600 euros, seuls les intérêts et gains correspondant aux 150 000 « premiers » euros versés seront taxés au taux préférentiel de 7,5 % + prélèvements sociaux (300 000 euros pour un couple). Au delà, la fraction excédentaire sera imposée au taux du PFU (12,8 % + prélèvements sociaux). 

Versements concernésFiscalisation
Les 150 000 "premiers" euros7,5 % + prélèvements sociaux (17,20 %)
Au delà de 150 000 eurosTaux du PFU plein (30 % au total, prélèvements sociaux inclus)

Ce plafond est donc à ne pas dépasser par l’épargnant ayant un contrat important et souhaitant optimiser son retrait, en profitant : 

  • De l’abattement de 4600 euros, 
  • Du taux minimal pour la partie excédante. 

Contrats d’assurance-vie « anciens » : quid des plafonds ? 

Certains contrats sont très intéressants sur le plan fiscal. Il s’agit des plus anciens (ils sont toutefois de plus en plus rares à être encore ouverts). 

Il n’y a ainsi pas de fiscalité (et donc pas de « plafond » pour optimiser l’opération) pour les rachats effectués : 

  • Sur des contrats ouverts avant le 1er janvier 1983, 
  • Sur des versements effectués avant le 25 septembre 1997.

Bien sûr, cela ne vaut que pour les versements d'assurance vie déjà effectués. Même si le contrat est ancien, il sera soumis, par exemple, au PFU pour les versements réalisés après 2017.

Les plafonds de l’assurance-vie pour optimiser sa succession 

Plafond des avantages fiscaux de l’assurance-vie avant 70 ans 

Au décès de l’assuré, le capital est transmis aux(x) bénéficiaire(s), après application d’un abattement. Au dénouement de l’assurance-vie, le plafond non imposable est, pour chaque bénéficiaire, de 152 500 euros. Chaque personne qui reçoit moins que ce montant n’aura donc rien à payer en termes de fiscalité. 

On parle ici du plafond de transmission défiscalisée de l’assurance-vie « hors succession ». En effet, lorsque les primes ont été versées avant les 70 ans de l’assuré, l’assurance-vie ne réintègre pas l’actif successoral mais est traitée à part. 

Vous l’aurez compris, ce plafond d’exonération de la transmission en assurance-vie dépend du nombre de bénéficiaires : 

  • Il est de 152 500 euros s’il n’y en a qu’un. 
  • Il est de 305 000 euros s’il y en a deux (et qu’ils reçoivent chacun 152 500 euros maximum), 

Si la somme reçue excède son abattement personnel, chaque bénéficiaire verra sa part taxée (uniquement la part excédant l’abattement). 

Part reçue par bénéficiaireFiscalité
Jusqu'à 152 500 euros0
Part allant de 152 500 à 852 500 euros20 %
Part excédant 852 500 euros31,25 %

Plafond de l’avantage fiscal de l’assurance-vie après 70 ans 

Les règles fiscales sont différentes pour les versements faits par l’assuré après ses 70 ans. Dans ce cas, l’assurance-vie n’est pas traitée hors succession : on dit qu’elle la réintègre.  

Ici, chaque bénéficiaire (s’il y en a plusieurs), n’a pas son propre abattement sur la part reçue. Le plafond d’exonération des droits de succession sur l’assurance-vie est unique et global, et est partagé entre tous les bénéficiaires. Cet abattement est de 30 500 euros. Au delà, les droits de succession s’appliqueront, selon le lien de parenté de chaque bénéficiaire avec l’assuré défunt. 

Vous l’aurez compris, la transmission de l’assurance-vie après 70 ans est optimisée fiscalement si le contrat fait moins de 30 500 euros au décès (ou que la part des versements faits après cet âge ne dépasse pas cette somme). 

Les primes manifestement exagérées en assurance-vie : un vrai plafond ?

Nous l’avons dit, il n’y a pas de plafond de versement sur une assurance-vie. 

Toutefois, il est quand même utile de connaître l’article L.132-13 du Code des assurances, qui pose la notion de « primes manifestement exagérées ». 

Ainsi, si au décès de l’assuré et donc de la résolution du contrat, il s’avère que les sommes versées sur l’assurance-vie étaient « exagérées » au vu de sa capacité d’épargne (et plus largement de ses capacités financières), elles pourront être considérées comme manifestement exagérées. 

Il faudra toutefois, pour que les versements soient requalifiés comme tels, qu’un ou plusieurs héritier(s) se sente(nt) lésé(s). Il faudra donc porte l’affaire devant la justice, et c’est le juge qui décidera si les primes sont ou non manifestement exagérées. 

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