L’affacturage : ce qu'il faut savoir

Chef d'entreprise ou responsable financier vous vous interrogez sur l'affacturage et l'envisagez comme une solution de financement ?

Ce produit mal connu du grand public peut permettre de bénéficier d'un financement des créances clients à des conditions intéressantes. Cependant, il n'est pas adapté à toutes les entreprises et peut également se révéler une solution onéreuse et chronophage.

Nous vous expliquons l'essentiel afin que vous puissiez déterminer si cette solution peut convenir à votre entreprise.

Affacturage : la définition

Le factoring est une solution de financement proposée aux entreprises leur permettant de céder leurs
créances clients au ‘factor’ (en général une filiale d’un groupe bancaire).

Ce factor avance le paiement des créances permettant ainsi à l’entreprise de récupérer des liquidités. Ce mode de financement a vocation à être permanent car il finance le besoin en fonds de roulement de l’entreprise. Par conséquent, le montant évolue en permanence en fonction des créances cédées.

Ce factoring peut être confidentiel ou non. En effet, le client de la PME n’est pas nécessairement au courant
de la mise en place de ce financement. Lorsque le factoring est non-confidentiel, les clients peuvent interpréter que la PME est fragile et que la banque cherche à se protéger.

Pendant longtemps, les banques ont mis en avant un autre mode de financement, le « Dailly », désormais en
perte de vitesse. Aujourd’hui, les banques préfèrent mettre en avant le factoring, mis en place via des filiales
de groupes bancaires.

L'affacturage : comment ça marche ?

Le factoring requiert évidemment que les clients des PME aient une bonne note de crédit. Par ailleurs le factor exige que les créances cédées par la PME assurent une véritable diversification de clients de la PME. Ceci
afin d’éviter le « risque de concentration », soit l’exposition trop forte à un risque crédit spécifique.

En général, les factors retiennent 10% des sommes mobilisées pour se garantir contre un risque de défaillance. Par exemple, une facture de 1000 € sera cédée pour 900 €. Le solde est alors retenu par le factor et est restitué lors du paiement par le client de la PME de la facture de 1000 € (déduction faite des frais prélevés par le factor).

Ce montant de retenue évolue en permanence dans le temps, car il dépend du montant des factures cédées et non encore acquittées par les clients de la PME. Ceci rend la comptabilité et le suivi de ce montant parfois assez complexe pour les PME.

Les trois principaux avantages de l'affacturage sont les suivants :

  • de bénéficier d'une solution de financement qui ne porte pas sur le bilan de son entreprise mais sur le bilan de son client ;
  • éliminer le risque de défaut de vos clients puisqu'il est désormais porté par le factor
  • dans le cas ou le client dont la facture est cédé bénéficie d'une bonne santé financière, le cout du financement pourra être inférieur au cout d'un crédit qui aurait été pris sur sa société.

Affacturage : quel cout ?

Le prix de l'affacturage se compose de deux éléments.

  • Le premier est le cout de gestion du traitement des factures. Ce dernier sera d'environ 2 500€ pour une société cédant 100 000€ de factures par an.
  • Le deuxième est le cout de financement. Il dépend de la qualité crédit du ou des clients dont les factures sont cédées. Il est généralement de l'ordre de 3 à 5% en fonction de la durée de l'avance des fonds et de l'historique crédit du créancier.

Le cout de gestion dépend du nombre de factures traitées. Si vous avez peu de factures mais pour des montants élevés, vous pourrez obtenir des bonnes conditions financières.

Les frais minimaux de traitement, associés à ce produit, le rendent souvent inaccessible aux PME ayant des facturations de petits montants.

Le reverse factoring : quelles spécificités ?

Un nouvel outil est récemment apparu : le « reverse factoring » également appelé affacturage inversé. Le client « grand compte » met alors en place un système où ses fournisseurs sont payés « en avance » en échange d’une remise.

Cet escompte permet au grand compte de réduire ses coûts et, à la banque, d’avancer des sommes sur un risque crédit faible. Il permet aussi aux PME d’éviter les frais souvent élevés, du factoring de leur propre banque, ou d’avoir une solution de paiement plus rapide.

A l'inverse du forfaiting, le reverse forfaiting porte sur le bilan de la société et non celle de ses partenaires commerciaux (fournisseurs dans ces cas).

L'alternative à l'affacturage : l'assurance contre le retard de paiement

Si vous ne souhaitez pas vous encombrer de créances client impayées, vous serez peut-être intéressé par une autre solution : l'assurance contre le retard de paiement. Avec cette assurance, si votre client vous fait défaut, vous obtiendrez 90% de votre facture immédiatement. L'assurance vous couvre dès la date d'échéance, de sorte que vous ayez l'esprit tranquille. Vous n'aurez plus rien à faire : l'assureur s'occupe de relancer le client, et vous versera les 10% restants lorsque le client aura effectué le versement.

L'assurance contre le retard de paiement comporte ainsi plusieurs avantages :

  • Vous serez toujours indemnisé en cas de retard à hauteur de 90% du montant de la facture.
  • De plus, vous avez la certitude de recevoir la quasi totalité de vos créances le jour où elles sont dues.
  • Enfin, vous préservez votre relation avec le client car l'assureur se charge des démarches en votre nom.

Mieux que l'affacturage, l'assurance vous simplifie la vie et vous permet de faire une croix sur les problèmes de trésorerie.

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