Le financement participatif : ce qu'il faut savoir

Le financement participatif est un phénomène récent mais réel qui offre de nombreuses opportunités pour les sociétés à la recherche de fonds.

Plus particulièrement l’apparition des plateformes de crowdfunding et de crowdlending en France est relativement récente. Elle coïncide avec une évolution des technologies permettant aux plateformes d’entrer en relation directe avec des particuliers via internet.

Nous vous expliquons les spécificités de ces deux types de financement et le type de dépenses que des financements peuvent couvrir.

Le financement crowdlending : comment ça marche ?

Le financement de l’entreprise recouvre différents types de besoins, à plus ou moins long terme. Compte
tenu des principales données à prendre en compte par un trésorier ou un dirigeant de PME - le timing et la
durée, la certitude de la disponibilité des fonds, le coût, les contraintes éventuelles liées à des prises de sûretés - le crowdlending peut s’avérer un instrument bien adapté.

Alors que les financements bancaires sont majoritairement adossés à des opérations précises (acquisition d’un immeuble, investissement dans des machines), le crowdlending va principalement se fonder sur le plan de l’entreprise.

L’enveloppe fournie pourra ainsi renforcer la trésorerie en vue de couvrir de nombreux besoins de natures diverses : embauches, BFR, investissements, acquisitions, actions marketing, etc.

En termes de déploiement, les délais d’intervention sont la plupart du temps assez courts grâce à la forte base de prêteurs, et à l’existence d’un fonds de crédit en « prise ferme ».

La possibilité de faire appel à des financements in fine apporte une flexibilité complémentaire au service dudéveloppement de la PME. Les ressources mobilisées et le rythme de remboursement peuvent être modulés sur différentes durées (jusqu’à 5 ans) afin de s’adapter au rythme de remboursement de l’entreprise. Dans tous les cas, la disponibilité intégrale des fonds sera garantie

Au niveau du coût, si le taux proposé est généralement supérieur aux taux bancaires, il reste moindre que celui d’un renforcement en fonds propres. De plus, les montants sollicités peuvent couvrir quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions d’euros.

Dans tous les cas, du fait de l’absence de prise de sûreté sur les actifs, le crowdlending apparaît comme un outil qui peut facilement s’intégrer de manière optimale sans constituer un obstacle dans le cadre de la formalisation de la documentation liée aux autres sources de financement. La dette liée au crowdlending sera certes inscrite au bilan et prise en compte par l’ensemble des financiers dans le cadre de leur évaluation globale, mais elle ne présentera pas d’obstacle en termes de rang de priorité.

Financer son BFR avec le financement participatif

Le BFR est un élément substantiel et structurant de l’activité de l’entreprise : certains secteurs présentent par nature un BFR négatif (la grande distribution par exemple), d’autres à l’inverse sont structurellement en recherche de financement court terme (cas d’une marque de prêt à porter qui est contrainte de « porter » ses collections pendant plusieurs mois).

Le dirigeant d’entreprise doit être en mesure d’anticiper au maximum ses besoins en suivant de près son plan de trésorerie. Ne pas avoir de vision claire de ses besoins prévisibles en cash peut amener à une crise de trésorerie, et, dans les cas les plus extrêmes, à un dépôt de bilan et à une mise sous mandat ad hoc de la société avec la publicité négative et les difficultés que cela présente.

Le financement par le crowdlending peut être également une solution intéressante, au sens où le financement accordé n’est pas nanti sur des actifs tangibles, contrairement aux banques.

Il est possible de monter un dossier de crédit via le crowdlending, fondé sur les cash-flows de l’entreprise et calibré pour faire face à des besoins de trésorerie liés au cycle d’exploitation (par exemple, le financement du BFR ou le financement de travaux).

Dans le cadre du financement de son activité, chaque solution à son coût, et ses propres contraintes. Il appartient au chef d’entreprise de faire, au final, les meilleurs arbitrages pour assurer la pérennité de son activité, et par ailleurs ne pas être contraint dans son développement.

La dernière option est de faire appel à des financements long terme type private equity qui pourront être utiles également dans le cadre du financement de BFR, et dans une optique de croissance. Cependant cela implique le choix, non anodin pour le dirigeant, de céder une partie de son capital à des investisseurs et de les voir impliqués dans la gouvernance de son entreprise.

Vous recherchez d'autres solutions de financements ? Suivez ce lien pour accéder à notre guide dédié aux modes de financement pour les entreprises.

Financer ses recrutements avec le financement participatif

Recruter constitue un réel investissement, qui entraîne de nouveaux décaissements de trésorerie et qui s’accompagne rarement de revenus immédiats permettant un rapide retour sur investissement. Comme tout investissement, il est donc nécessaire de l’anticiper et de le financer.

Le crowdlending offre aux entrepreneurs de nouveaux moyens de financement, complémentaires des crédits bancaires, qui permettent notamment de financer le recrutement de nouveaux collaborateurs.

Le recrutement de personnel qualifié constitue un investissement extrêmement important pour une PME, tant il engage sur la durée et contribue au succès et au développement de l’entreprise. Recruter n’est pas anodin, et doit être considéré comme un investissement, au même titre qu’une nouvelle ligne de production, et comme faisant partie intégrante du plan de développement de votre entreprise.

Recruter coûte cher, et il est indispensable d’anticiper également les coûts induits et leur financement. Aux premiers salaires et charges supplémentaires liés à l’augmentation de votre masse salariale s’ajoutent bien souvent des coûts fixes de recrutement : utilisation d’un cabinet de recrutement ou d’un chasseur de têtes, nouveau matériel pour le salarié, nouvel espace de travail… Ces nouvelles charges impactent votre trésorerie à court et moyen terme.

Si votre plan de trésorerie initial ne permet pas l’absorption de ces charges supplémentaires, il est alors nécessaire de le réévaluer et d’inclure un financement externe avant de débuter les recrutements nécessaires au développement de votre entreprise. Une plateforme de crowdlending peut vous permettre de compléter vos financements bancaires par un crédit obligataire, in fine ou amortissable, sans aucune garantie sur les actifs de l’entreprise ni caution personnelle du dirigeant.

Financez votre R&D avec le financement participatif

Le financement participatif est un moyen d’impliquer des participants de manière plus que financière, et de faire émerger concrètement des projets de plus petit échelle, l’expression « love money » prenant ici tout son sens à travers des projets alternatifs et originaux.

Pour une démarche structurée de financement de l’innovation et de la R&D, le renforcement en fonds propres reste la voie royale. L’objet du financement et les attentes s’inscrivant dans un cycle long, avec une mise en avant des incertitudes et des cash-flow souvent négatifs sur une période assez longue.

Dans ce domaine, les pouvoirs publics ont souvent pris les devants avec des programmes spécifiques : BPI France via des prêts à l’innovation par exemple, ainsi que l’ensemble des dispositifs tels que le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), le Crédit Impôt Recherche (CIR) et tous les dispositifs fiscaux destinés à promouvoir l’investissement dans l’innovation.

Si R&D, innovation, cash-flow négatif à court terme, et crowdlending ne font a priori pas forcément bon ménage, il est cependant possible pour une PME déjà globalement profitable de structurer ses projets de façon à pouvoir accéder à ce type de financement.

Les résultats de l’innovation prendront plus de temps à se matérialiser, et il existe souvent une incertitude sur le fait que ces initiatives porteront leurs fruits. En dehors des schéma bonifiés dans le cadre de l’action publique, les banques sont généralement assez démunies dans ce domaine. Elles ne peuvent pas prendre en garantie d’actifs tangibles.

Le crowdlending peut être un outil de financement pour une PME qui par ailleurs ne souhaiterait pas renforcer ses fonds propres. Le prêt mis en place permettra d’accéder immédiatement à des ressources complémentaires, d’accélérer le programme d’innovation et de continuer les développements, le timing étant souvent une dimension clé en la matière.

Compléter sa levée de fonds avec le financement participatif

Lorsque le cap du financement en fonds propres a été franchi, il peut être indiqué de faire appel à un complément via du crowdlending. Celui-ci présente l’avantage, pour l’entrepreneur, de limiter la dilution et ainsi de conserver un plus grand contrôle capitalistique sur son entreprise.

Du fait d’une documentation relativement simplifiée, le crowdlending pourra s’intégrer au mieux en complément d’une levée de fonds en capital, sans ajouter de contraintes ou de limites particulières.

Pour autant, le crowdlending ne constitue pas une solution automatique et il doit s’inscrire dans un cadre bien précis et le respect de certaines règles :

  • La capacité d’emprunt de la PME : faire appel au crowdlending implique de posséder une capacité d’emprunt adéquate, la société devant pouvoir démontrer un historique et des perspectives positives en termes de cash-flow. Cela reste la base du financement en crédit dont le point central, au-delà du taux d’intérêt, est la capacité projetée de l’entreprise à faire face à ses échéances et à ne pas faire défaut ;
  • Risque adapté : les prêteurs en crowdlending n’ont pas vocation à financer des projets trop risqués ;
  • Garantie de bonne fin : l’un des écueils du crowdlending est l’incertitude de la disponibilité des fonds. En effet même si l’historique de chaque plateforme permet de se projeter sur sa capacité à financer les projets, on ne peut présumer du succès à 100% de la disponibilité des fonds pour le projet visé.

Le crowdlending n’est pas la solution à toutes les situations mais il est une source complémentaire de financement avec ses propres avantages et contraintes, rendu possible par la levée des barrières législatives et techniques. Il peut donc faire partie utilement pour un dirigeant de PME de la panoplie des financements disponibles.

Quelles points communs entre le crowdlending et le crowdfunding ?

L’évolution de la réglementation a aussi acté la fin du monopole bancaire pour les prêts, ceux-ci étant disponibles désormais sur les plateformes via un modèle participatif.

Le point commun est l’accès direct par les souscripteurs au projet mis en ligne afin de pouvoir faire leur propre sélection, et le caractère participatif. La plateforme joue alors le rôle d’intermédiaire dans la sélection des projets, du niveau de taux, des modalités du prêt ou de la valorisation retenue pour les entreprises.

Certaines plateformes mettent cependant en place des processus de pré-sélection des dossiers financés auprès de leur base de souscripteurs, ou laissent les souscripteurs décider du niveau de taux via un système d’appel d’offre (enchères).

Crowdlending et crowdfunding : les différences

Le crowdlending propose des produits de prêt participatif tandis que le crowdfunding, terme générique, présente prioritairement des projets d’investissement en actions (« equity »).

Les deux modèles peuvent sur certains points se rejoindre : certaines plateformes de crowdfunding proposent, sur des opérations immobilières, des souscriptions en actions mais avec une proposition de rachat à moyen terme selon des modalités fixes.

Les fonds sont alors consacrés à fournir un complément de financement aux banques dans le cadre d’opérations de promotion immobilière, et à financer les besoins entre la mise en chantier et la commercialisation complète.

Enfin, différence importante du point de vue de l’entrepreneur : une opération de crowdfunding en actions
pour son entreprise entraînera l’entrée au capital de nouveaux actionnaires
, ainsi que la matérialisation
d’un niveau de valorisation de l’entreprise. Cela n’est pas neutre dans sa prise de décision.

Notez cet article

Note moyenne 5 / 5. Votes : 2


Un expert vous répondra